La Belgique s’est imposée comme un acteur mondial de l’éolien en mer. « Nous pouvons en être fiers. »
Lorsque nous pensons à l’éolien offshore, nous voyons généralement les éoliennes à l’horizon. Mais pour Bérénice Crabs, secrétaire générale de la Belgian Offshore Platform (BOP), ces éoliennes ne racontent qu’une partie de l’histoire. Derrière les parcs éoliens offshore belges se cache un secteur qui crée des milliers d’emplois, exporte son expertise dans le monde entier et contribue déjà de manière importante à notre approvisionnement énergétique.
« La Belgique a été l’un des pionniers de l’éolien offshore. Cela nous a permis de développer tout un écosystème d’entreprises qui sont aujourd’hui actives dans le monde entier. »

De pionnier à pays exportateur
La Belgique dispose d’une petite portion de mer du Nord, mais fait partie depuis plus de vingt ans des précurseurs européens dans le domaine de l’éolien offshore. Ces investissements précoces ont porté leurs fruits. Aujourd’hui, selon une étude de l’Université de Gand, environ 11 000 personnes travaillent dans le secteur belge de l’éolien offshore. Des entreprises belges construisent, entretiennent et installent des parcs éoliens bien au-delà de nos frontières, de Taïwan au Japon et jusqu’en Australie.
« L’éolien offshore est devenu un véritable secteur d’exportation », explique Bérénice Crabs. « C’est quelque chose dont nous pouvons être fiers. »
Une énergie produite chez nous
L’éolien offshore ne se résume pas à l’innovation ou à l’économie. Les parcs éoliens de la mer du Nord belge fournissent aujourd’hui environ 10 % de notre électricité. Et lorsque l’ensemble de la zone Princesse Elisabeth sera développé, cette part pourrait atteindre jusqu’à 25 %.
Selon Bérénice Crabs, l’éolien offshore constitue donc un élément essentiel de notre sécurité énergétique.
« Il s’agit d’une électricité produite chez nous. Nous ne dépendons pas du gaz ou du pétrole qui doivent venir de l’autre bout du monde. »
Dans le même temps, l’éolien offshore contribue aux objectifs climatiques de notre pays. Les énergies renouvelables génèrent très peu d’émissions de CO₂ pendant leur production et des études internationales montrent que les nouveaux projets éoliens offshore sont aujourd’hui souvent moins coûteux que la construction de nouvelles centrales électriques fonctionnant aux énergies fossiles.
Construire les parcs éoliens n’est pas le plus grand défi
Celui qui pense que la construction des parcs éoliens constitue le principal défi se trompe. Selon la secrétaire générale de BOP, le véritable défi se situe aujourd’hui à terre.
Toute l’électricité produite en mer doit en effet parvenir jusqu’aux ménages et aux entreprises. Pour cela, de nouvelles infrastructures à haute tension sont nécessaires, comme Ventilus et la Boucle du Hainaut.
« Construire un parc éolien est une chose. Veiller à ce que l’électricité parvienne effectivement jusqu’à l’utilisateur est au moins aussi important. »
Selon elle, ces infrastructures du réseau détermineront en partie la vitesse à laquelle la Belgique pourra réaliser la prochaine génération de parcs éoliens offshore.
Des mythes tenaces
Bien que l’éolien offshore soit aujourd’hui une technologie mature, de nombreux malentendus continuent de circuler. On entend parfois que les parcs éoliens nuisent à la vie marine ou que les éoliennes ont une durée de vie limitée.
Pour Bérénice Crabs, ces affirmations ne correspondent pas aux connaissances scientifiques disponibles.
En Belgique, l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique surveille depuis de nombreuses années, de manière indépendante, l’impact des parcs éoliens offshore sur la mer du Nord. Ces recherches montrent qu’une nouvelle vie marine se développe dans et autour des parcs éoliens. Lors de la construction, des techniques sont par ailleurs utilisées afin de limiter autant que possible le bruit sous-marin.
La durée de vie des éoliennes est elle aussi souvent sous-estimée, selon elle.
« Les premières éoliennes belges tournent encore aujourd’hui. Elles ont été conçues pour produire de l’électricité pendant toute la durée de leur concession. »
Des citoyens bien informés peuvent aussi faire la différence
Au-delà de la technologie et des infrastructures, Bérénice Crabs souligne également l’importance d’un débat de société bien informé.
Selon elle, la quantité de désinformation et d’informations erronées sur l’énergie éolienne augmente. Une étude récente de WindEurope décrit comment les informations incorrectes peuvent fragiliser l’adhésion à l’énergie éolienne et retarder les projets.
« Lorsque les gens reçoivent des informations correctes de la part de quelqu’un en qui ils ont confiance, cela fait une grande différence. »
Des citoyens bien informés peuvent donc contribuer à partager des informations fiables au sein de leur propre réseau. Cette contribution est un complément précieux aux efforts du secteur et des pouvoirs publics pour que le débat sur l’éolien offshore repose sur des faits.
La mer du Nord de demain
Le secteur offshore continue entre-temps d’évoluer. Les éoliennes deviennent plus grandes et plus efficaces, de nouvelles applications telles que l’éolien flottant ouvrent des possibilités dans des zones maritimes plus profondes et l’attention portée à une conception des éoliennes favorisant la biodiversité ne cesse de croître.
La transition énergétique ne doit pas nécessairement se faire au détriment de la nature, souligne Bérénice Crabs. Pour les nouveaux projets, on réfléchit dès la phase de conception à la manière de réduire au maximum l’impact sur le milieu marin. Dans certains pays, on étudie même comment les parcs éoliens peuvent contribuer au développement de bancs d’huîtres et à d’autres formes de vie marine.
« Un choix évident »
À la fin de l’entretien, Bérénice Crabs résume son message en quelques mots simples.
« Il faut simplement le faire. »
Dans les années à venir, la Belgique aura besoin de toujours plus d’électricité pour chauffer les logements, décarboner les entreprises et poursuivre l’électrification de nos transports. Selon elle, l’éolien offshore offre une solution à la fois locale, durable et économiquement intéressante.
« Plus nous retardons la transition énergétique, plus son coût pour la société sera élevé. Pour la Belgique, l’éolien offshore est un choix évident et sans regret. »
Cet avenir est déjà façonné aujourd’hui par un large éventail d’acteurs. Les coopératives citoyennes investissent elles aussi dans des projets éoliens offshore existants et permettent aux citoyens de participer à la transition énergétique ainsi qu’à la construction d’un approvisionnement énergétique fiable pour notre pays.