Interview avec Bérénice Crabs – Belgian Offshore Platform
« L’éolien offshore est un choix évident pour la Belgique »
La Belgique fait partie depuis plusieurs années des pionniers européens de l’éolien offshore. Mais derrière les parcs éoliens en mer se cache bien plus que de l’électricité durable. Le secteur crée des milliers d’emplois, renforce notre sécurité énergétique et continue d’innover.
Nous avons rencontré Bérénice Crabs, secrétaire générale de la Belgian Offshore Platform (BOP), pour parler de l’avenir de l’éolien offshore, de la participation citoyenne, de l’innovation et des défis qui nous attendent encore.
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À propos de BOP
La Belgian Offshore Platform (BOP) est l’association des investisseurs et propriétaires des parcs éoliens offshore belges. L’organisation œuvre au développement de l’éolien offshore en mer du Nord, représente le secteur auprès des pouvoirs publics et des différentes parties prenantes, et informe les citoyens sur les avantages et les défis liés à l’éolien offshore.
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La Belgique est un leader de l’éolien offshore. De quoi êtes-vous la plus fière ?
Je suis surtout fière du fait que la Belgique a été l’un des pionniers de l’éolien offshore. Nous avons commencé à investir relativement tôt et avons ainsi pu développer tout un écosystème d’entreprises. Aujourd’hui, les entreprises belges comptent parmi les leaders mondiaux et exportent leur expertise dans le monde entier.
Par ailleurs, nos parcs éoliens produisent aujourd’hui environ 10 % de l’électricité belge. Avec le développement complet de la zone Princesse Elisabeth, cette part pourrait même atteindre environ un quart de notre consommation d’électricité. C’est quelque chose dont nous pouvons être fiers.
Pourquoi l’éolien offshore est-il si important pour notre sécurité énergétique ?
L’éolien offshore produit de l’électricité locale. Nous ne dépendons donc pas, pour cela, de combustibles fossiles importés d’autres régions du monde. Les récentes tensions géopolitiques montrent à quel point cette indépendance est essentielle.
L’éolien offshore contribue également à relever le défi climatique. Les énergies renouvelables génèrent très peu d’émissions de CO₂ lors de leur production et les études internationales montrent qu’aujourd’hui, l’éolien offshore est également devenu une technologie particulièrement intéressante sur le plan économique.
Quels défis voyez-vous pour les dix prochaines années ?
Le principal défi aujourd’hui n’est en réalité pas de construire les parcs éoliens, mais de faire en sorte que toute l’électricité produite puisse parvenir jusqu’aux ménages et aux entreprises.
Pour cela, de nouvelles infrastructures à haute tension, comme Ventilus et la Boucle du Hainaut, sont indispensables. Sans capacité suffisante sur le réseau, les nouveaux parcs éoliens offshore ne pourront pas acheminer leur électricité.
Par ailleurs, la poursuite du développement de la zone Princesse Elisabeth constitue également une étape importante pour la Belgique, mais aussi pour son ambition de faire de la mer du Nord un important hub énergétique européen.
Pourquoi la participation citoyenne est-elle importante selon vous ?
Il circule aujourd’hui beaucoup de désinformation et d’informations erronées sur l’énergie éolienne. Une étude récente de WindEurope le montre également.
Des citoyens bien informés peuvent contribuer à diffuser des informations correctes. Les gens font souvent davantage confiance à une personne de leur entourage qu’à une organisation officielle. Les citoyens peuvent donc jouer un rôle important dans le débat de société sur l’éolien offshore.
Pour en savoir plus :
Quel rôle les coopératives énergétiques jouent-elles déjà aujourd’hui dans le secteur offshore ?
Les coopératives citoyennes sont déjà actives en tant qu’actionnaires dans des projets éoliens offshore existants.
Elles montrent que les citoyens peuvent ne pas uniquement consommer de l’énergie, mais aussi participer activement à la transition énergétique. La manière dont ce rôle évoluera dans les futurs projets dépendra des choix effectués par les différents consortiums dans le cadre des futurs appels d’offres.
Quels sont, selon vous, les principaux malentendus concernant l’éolien offshore ?
Il existe de nombreux mythes tenaces.
On affirme notamment souvent que les parcs éoliens offshore nuisent à la vie marine. Le monitoring indépendant réalisé par l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique montre pourtant qu’une nouvelle vie marine se développe justement au sein des parcs éoliens belges. Lors de la construction, des techniques sont en outre utilisées afin de limiter autant que possible le bruit sous-marin.
L’idée selon laquelle les éoliennes auraient une durée de vie limitée ne correspond pas non plus aux données disponibles. Les premières éoliennes offshore belges produisent encore aujourd’hui de l’électricité.
Pour en savoir plus :
- WinMon – Monitoring des parcs éoliens par les autorités flamandes
- Institut des sciences naturelles - Gestion du milieu marin
Quelles innovations vont transformer l’éolien offshore dans les prochaines années ?
Les éoliennes continuent de devenir plus grandes et plus efficaces. Par ailleurs, des travaux importants sont menés sur l’éolien flottant, qui permettra de développer l’éolien offshore dans des zones maritimes plus profondes.
Des recherches portent également sur de nouvelles applications, comme la recharge de navires électriques en mer ou la production d’hydrogène.
La conception favorisant la biodiversité (« nature-inclusive design ») fait également l’objet d’une attention croissante, afin que l’éolien offshore et la nature puissent se renforcer mutuellement.
Comment imaginez-vous la mer du Nord belge en 2035 ?
J’espère que l’ensemble de la zone Princesse Elisabeth sera alors opérationnel.
Si nous continuons à investir dans l’éolien offshore et que nous réalisons les infrastructures de réseau nécessaires, la mer du Nord pourra devenir une source encore plus importante d’électricité durable pour la Belgique et l’Europe.
Les retards ont un coût. Les études montrent que plus nous tardons à investir, plus le coût pour la société augmente.
Pour en savoir plus :
Quel message souhaitez-vous adresser aux citoyens qui envisagent aujourd’hui de devenir copropriétaires d’un parc éolien offshore ?
« Allez-y ! »
La Belgique aura besoin de toujours plus d’électricité au cours des prochaines décennies. L’éolien offshore est une solution locale, durable et économiquement solide. Pour moi, c’est véritablement une solution évidente pour notre pays.
Celles et ceux qui investissent aujourd’hui contribuent à construire un approvisionnement énergétique fiable pour l’avenir.
Pour terminer : qu’est-ce que la plupart des Belges ignorent encore à propos de l’éolien offshore ?
Que l’éolien offshore est bien plus que des éoliennes en mer.
Le secteur emploie aujourd’hui environ 11 000 personnes en Belgique et les entreprises belges exportent leur expertise dans le monde entier. L’éolien offshore est devenu un véritable secteur économique dans lequel la Belgique joue un rôle de pionnier à l’échelle internationale.